Chers amis de Thomas More,
Cette Gazette, promise depuis longtemps, vous l'espériez au moins pour Noël et voici qu 'elle prend, avec les Rois, la route la plus longue pour vous arriver avec l'or, la myrrhe et l'encens de nos voeux. Autre caractère inattendu : elle vous est adressée sous la couverture de Moreana qui l'accueille sous son aile protectrice de soeur aînée. Les deux dernières nées de la famille des Amis de Thomas More (la Gazette anglaise et la Gazette française) forment ainsi les deux tomes de ce n° 63 ... que vous attendiez du Japon !
Vous le voyez, l'imprévu s'est glissé dans la ronde des heures qui nous ont conduits aux portes d'une nouvelle décennie, obligeant l'équipe de rédaction à un remaniement des publications de 1979 et 1980. Le numéro pris en charge par le Japon, celui de l'hiver 1979, vous sera acheminé au printemps prochain. Ce sera le n° 64, suivi de près par un numéro double (65/66), ce qui nous amènera à la fin du premier semestre 1980.
Les habitués de Moreana y retrouveront le visage familier de leur revue. Qu'ils se rassurent, la Gazette ne remplace pas Moreana . Elle en est le complément, « utile et agréable », dont la parution annuelle permet d'étoffer le compte rendu des événements moriens (jusqu'ici mentionnés rapidement dans les « éphémérides ») ; de présenter des dossiers (cette fois-ci sur More et la musique, sur l'Utopie « tous azimuts », sur la canonisation) dossiers que les lecteurs français auront le plaisir de lire intégralement dans leur langue ; de donner de plus amples nouvelles des membres de l'Amicale Thomas More (n 'hésitez pas à nous écrire, à nous faire part de vos questions, suggestions et critiques) ; d'agrémenter enfin la recherche morienne d'illustrations abondantes, de dessins ou de photographies.
L'une d'elles (p. 95) fixe l'instant où André Prévost remit à Jean-Paul II un exemplaire de son édition critique de l'Utopie. Cet ouvrage, salué par la presse comme faisant honneur à la culture française, sera présenté par l'auteur au public angevin, le 6 février prochain, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de More. D'autres documents nous entraînent en Allemagne, au Portugal, au Japon, aux USA, en URSS...
La Gazette, on le voit, se fait l'écho de la présence morienne à travers le monde. Elle retrouve ainsi son rôle initial de « pie babillarde ». Une de ses étymologies relie en effet le mot gazeta à un diminutif du vénitien gaza: le geai. Une autre interprétation en rattache l'origine au grec byzantin gaza : trésor. Ce qui fut, dès le XVIe siècle, une feuille périodique d'informations, vous est donc offert ici comme un petit « trésor » de documentation sur More et son époque.
Du XVIe siècle à nos jours, le temps s'est écoulé sans rien enlever à l'actualité de More, écrivain, homme politique et martyr. Comme le rappelle la devise des Amici Thomae Mori qui figure sur la couverture de chaque numéro de Moreana : Time Trieth Truth (adaptation d'une phrase de More, Supplication des Ames, 1529). Le temps met la vérité à l'épreuve. Il répure.
Qu'au fil du temps, évoqué par la reproduction d'un cadran solaire d'Anjou emprunté à l'ouvrage de Pierre Dabin sur le temps à l'heure angevine (Le Rayon noir), qu'au fil des heures de cette nouvelle année, la vérité du rayonnement morien soit pour vous, en toute saison, celle de l'amitié. |