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    Thomas More a écrit la lettre suivante à sa fille Margaret avec un bâton de charbon de bois.
    Elle a été écrite en prison le 5 juillet 1535, la veille de son exécution.
    (traduction de Pierre Leyris - "Thomas More - Ecrits de Prison"- Seuil 1981)


         Que Notre-Seigneur vous bénisse, ma bonne fille, vous, votre bon mari, votre petit garçon, et tous les vôtres ainsi que tous mes enfants, tous mes filleuls et tous nos amis. Recommandez-moi quand vous le pourrez à ma bonne fille Cicily, que je supplie Notre-Seigneur de réconforter et à qui j'envoie ma bénédiction ainsi qu'à tous ses enfants en la priant de prier pour moi. Je lui envoie un mouchoir, et que Dieu réconforte mon bon fils son mari. Ma bonne fille Daunce a la peinture sur parchemin que vous me donnâtes de la part de lady Coniars, dont le nom est au revers. Faites-lui savoir que je la prie ardemment de la lui renvoyer en souvenir de moi afin qu'elle prie pour moi.

          Je porte une affection toute spéciale à Dorithe Coly et vous prie d'être bonne pour elle. Je me demande si c'est à son sujet que vous m'avez écrit. S'il n'en est rien, je vous prie cependant de vous montrer aussi bonne que vous le pourrez dans votre affliction tant pour elle que pour ma bonne fille Jone Aleyne, à laquelle je vous prie de donner quelque bonne réponse, car en ce jour elle m'est venue implorer ici de vous prier d'être bonne pour elle.

          Je vous encombre de soins, ma bonne Margaret, mais je serais peiné si j'avais à attendre au-delà de demain, car c'est la vigile de Saint Thomas et l'octave de saint Pierre, ce pourquoi j'aspire à m'en aller à Dieu demain, comme en un jour bien propre et bien convenable pour moi.


           Jamais vous n'en usâtes envers moi d'une manière qui me plût autant que la dernière fois, lorsque vous m'embrassâtes, car j'aime que la piété filiale et la tendre charité n'aient pas loisir de prendre garde aux convenances mondaines.

         Adieu, ma chère enfant, priez pour moi, je prierai pour vous et tous vos amis afin que nous puissions nous rencontrer au ciel dans la joie. Soyez remerciée des grandes peines que vous avez prises.

         J'envoie présentement à ma bonne fille Clémente son ardoise à calculer et lui mande, ainsi qu'à mon filleul et à tous les siens, la bénédiction de Dieu et la mienne propre.

         Je vous prie de me recommander, quand vous en aurez l'opportunité, à mon bon fils John More. J'aimais fort son tempérament naturel ; que Notre-Seigneur le bénisse, ainsi que sa bonne épouse, ma fille aimante, et je le prie de se montrer bon envers elle, comme il a bien sujet de l'être, et, au cas où mes terres tomberaient entre ses mains, de respecter mes volontés concernant sa soeur Daunce. Et que Notre-Seigneur bénisse Thomas et Austen et tous les enfants qui leur viendront.