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    Henri Gibaud
     (par Germain Marc'hadour - septembre 2007)

     


         Cette photo, prise par Vianney Le Rumeur le 16 avril 1996, dans l'appartement de Clare Murphy, lors d'une petite fête marquant le 75ème anniversaire de Germain. En frères jumeaux ils avaient en 1994 concélébré en même temps leur demi-siècle d'ordination, et reçu les palmes académiques en 1988 dans la même cérémonie. D'autres photos d'Henri se trouvent dans les n°s 17, 81 et 151 de Moreana.

         Après des années d'enseignement dans sa Vendée natale, il avait préparé au Centre Renaissance de Tours un D.E.S. sur la lettre de More au chartreux Batmanson : sa traduction de cette rude semonce occupe 44 pages dans Moreana n° 27-28. Bien qu'il fût angliciste, c'est encore un texte latin, le Novum Testamentum d'Erasme, qui fit l'objet de sa thèse de doctorat, soutenue en 1982 : au nom du jury tourangeau, Jean-Claude Margolin lui offrit la médaille d'Erasme, et Roland Galibois donna un excellent compte rendu dans Moreana n° 104. Henri lui-même était un recenseur méticuleux : les suggestions qu'il fit en 1967 sur la thèse de Brian Byron furent adoptées dans l'édition de Loyalty qu'Henri recensa en 1973.

         Erasme le prépara à diriger la publication d'un gros cahier sur Les problèmes d'expression dans la traduction biblique (Angers, 1988). Il fut l'associé de Clare Murphy pour la partie française de Miscellanea moreana (Moreana n° 100). Dans La Tristesse du Christ (Téqui, 1990), sa version française, très littérale, fait face à l'original latin de More, et a fourni trois pages à Michel Taillé pour Thomas More : Histoire, Eglise et Spiritualité (Paris, 2000). Il traduisit même les lettres françaises que Thomas Merton, en religion frère Louis, avait adressées de Gethsemane au Père Abbé de Melleray en Bretagne.

         Bon nombre d'Amici l'ont vu et entendu présenter à la télévision, en 1975, le portrait de More par Holbein. D'autres l'ont rencontré au congrès néo-latin de Saint-Andrews, ou aux célébrations du 22 juin à Paris et Boulogne-Billancourt. A cinquante ans il était novice bénédictin à Notre-Dame du Bec-Hellouin, le monastère qui avait donné deux archevêques à Cantorbéry. Il reprist son enseignement de linguistique, mais son expérience du cloître lui permit d'intervenir comme formateur d'oblates solesmiennes, qui appréciaient aussi son amour du grégorien.

         Sa méticulosité ne nuisait pas à une extrême cordialité, et son sens de l'humour l'aidait à comprendre le pince sans rire qu'était Thomas More.