
Origine - Manifeste - Objectifs
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Le Père Germain Marc'hadour remercie ceux qui veulent bien partager notre ambition de "doubler" la voix de "l'homme pour toutes les saisons"
(et pour tous les pays) dans la langue de Montaigne et de Bossuet
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Les Cahiers (les revues) Moreana ont vu le jour dès la fondation de l'Association Amici Thomae Mori : le numéro 1 est daté de septembre 1963. Vous trouverez ci-dessous un article de ce premier Cahier écrit par l'un des fondateurs, l'abbé Jules Jacques, rappelant les circonstances de la fondation de l'association. Dans la partie anglaise de ce site Web, vous trouverez un autre article de ce premier numéro écrit par le premier Président de l'association Amici Thomae Mori, E.E. Reynolds : "The Friends of saint Thomas More" La revue Moreana est associée à la qualité de Membre à part entière de l'Association Amici Thomae Mori. Vous trouverez dans ce site les conditions d'adhésion. |
La Quinzaine Thomas More de Bruxelles Fondation des Amici Thomae Mori par M. l'abbé Jules Jacques (extrait de la revue Moreana n° 1) |
Le samedi 22 décembre 1962 s'ouvrait à l'Hôtel de Ville de Bruxelles une exposition Thomas More. Pourquoi une telle Exposition à Bruxelles ? Pour célébrer le 20ème anniversaire d'un groupement d'étudiants universitaires, les Compagnons de Thomas More, qui, lors de leur fondation, choisirent Saint Thomas More pour patron, en tant que laïc, humaniste, homme d'Etat et martyr de la liberté des consciences. Le groupement réunit, dans un but d'approfondissement religieux et de formation sociale et culturelle, des étudiants bruxellois de diverses Universités et écoles supérieures. Patronnée par le Cardinal Suenens, Primat de Belgique, Sir John Nicholls, ambassadeur de S.M. Britannique, Mgr H. Van Waeyenbergh, Recteur de l'Université de Louvain, par le gouverneur du Brabant et le bourgmestre de Bruxelles et par plusieurs professeurs d'Universités belges et étrangères, l'Exposition trouva un cadre enchanteur en la salle ogivale du bel Hôtel de Ville de Bruxelles, que Thomas more dut voir de ses yeux lors de ses séjours et ambassades dans les Pays-Bas de 1508 à 1521. Exposées avec bon goût, quatre cents pièces - autographes, livres anciens et rares, gravures, médailles - narraient au visiteur, aidé d'un catalogue biographique, la vie de Thomas More en son temps et lui montraient ses oeuvres et sa survie, tandis qu'une musique de fond égrenait des oeuvres instrumentales et chorales de l'époque de More. |
Comme pièces les plus remarquables citons : - le portrait de l'ami anversois de More, Pierre Gilles, par Quentin Matsijs, - un François 1er attribué à Vinci, - une lettre autographe de More à Goclenius, professeur au Collège des Trois langues à Louvain, - la charte du 2 octobre 1515, par laquelle Henry VIII accréditait More parmi les membres de l'ambassade auprès de Charles, le futur Charles-Quint, - une lettre autographe d'Erasme à W. Pirckeimer de Nuremberg, datée de Bâle 1528, - l'édition princeps de l'Utopie, Louvain 1516, prêtée par le Guildhall de Londres, - deux exemplaires de la deuxième édition, Paris 1517, prêtés l'un par la Bibliothèque Nationale de Paris, l'autre par la Bodleian d'Oxford, - un De Civitate Dei de Saint Augustin, Venise 1475, - des médailles de Savonarole (1495), Quentin Matsijs par lui-même (1495), Michel-Ange, - des ouvrages de Pic de la Mirandole, Erasme, John Fisher, Vivès... Beaucoup de visiteurs furent frappés par le nombre d'ouvrages récents consacrés à Thomas More ou se rapportant à lui. Très remarquée, la série d'éditions récentes de l'Utopie en une quinzaine de langues, dont le japonais, le russe, le hongrois, l'espagnol, le portugais, le polonais, etc... Et la série était certes incomplète. De même pour les biographies. Ce fait vérifie la prédiction de Chesterton qui écrivait en 1929, à l'occasion de l'Exposition Thomas More de Chelsea :
"More is more important at this moment than at any moment since his death, even perhaps the great moment of his dying; but he is not quite as important as he will be in about a hundred years time. He may come to be counted the greatest Englisman, or at least the greatest historical character in English history..." |
Le but de la Quinzaine Thomas More de Bruxelles était avant tout de contribuer à diffuser la connaissance et l'influence du saint humaniste, dont les idées et l'exemple peuvent apporter beaucoup à notre temps dans ses aspirations les plus nobles : justice sociale, paix entre les nations, respect des consciences, éducation, oecuménisme, action religieuse des laïcs, mais aussi leur devoir propre dans l'ordre temporel, etc....
C'est pourquoi la Quinzaine comprenait aussi quatre conférences, données au Palais des Beaux-Arts les 23, 26 et 28 décembre 1962 et le 3 janvier 1963 : - M l'abbé Germain Marc'hadour en ouvrit la série en faisant un Portrait de Thomas More d'après la lettre d'Erasme à Ulrich von Hutten, de 1519, - Un saint pour notre temps fut présenté par l'auteur de ces lignes, - M Louis Martz montra, de façon émouvante, l'esprit de Thomas More dans le Dialogue of Comfort, - et M Léon E. Halkin, professeur à l'Université de Liège, donna une étude sur l'Utopie.
Mais revenons à l'Exposition. Car c'est dans son cadre chaleureux qu'eut lieu l'initiative appelée sans doute à devenir la plus durable de cette Quinzaine. |
Le 29 décembre, en la fête du patron de saint Thomas More, saint Thomas de Cantorbéry, en ladite salle ogivale, entre une gravure de Basire représentant le Camp du Drap d'or - où More fut invité parmi les plus grands humanistes de son temps - un plan ancien de Cambrai, où More fut un des cosignataires de la Paix des Dames, une édition princeps de Fisher, son compagnon de martyre, un reliquaire contenant une parcelle du cilice de More, des instruments de musique du siècle de More, tels qu'on en voit sur l'esquisse de la famille de More par Holbein, fut fondée l'Association internationale Amici Thomae Mori, dont le lecteur a en mains le premier Cahier. Il y avait là sept fidèles de la mémoire de Thomas More, attachés non seulement à son souvenir, mais davantage à tout le bien qu'il peut encore faire. Ils représentent six nations. Le but des Amici est le même que celui de la Quinzaine de Bruxelles : étendre le rayonnement de Thomas More pour en faire bénéficier notre temps. On a appelé More un "bridge-man" : c'est l'homme-ponts dont notre siècle a le plus grand besoin et de la façon la plus urgente, entre nations, entre classes sociales, entre l'Est et l'Ouest, entre races, entre chrétiens de diverses confessions, entre chrétiens et non chrétiens. Veuille Thomas More aider les Amici. Il n'ignore pas que c'est une gloire plus haute que, comme lui, nous cherchons - non nobis, Domine, non nobis da gloriam - pour le bien de l'humanité et de son salut.
Les images de la "Coat of Arms" et du "Bust" viennent du site Web de Thomas More Studies : http://www.thomasmorestudies.org/ |
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